L’art thérapie pour soulager la douleur
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Peu développée en France dans le champ des soins palliatifs, quelques études montrent pourtant l’efficacité de l’art thérapie pour soulager la douleur, et permettre de soulager la souffrance des personnes. Au centre de soins palliatifs de Lyon Sud, l’atelier d’art thérapie fonctionne avec le soutien de la Fondation APICIL depuis septembre 2006 .
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Qu’est ce que l’art thérapie ?
C’est l’exploitation du potentiel artistique à visée thérapeutique. En pratique, c’est l’utilisation de tous les éléments disponibles et observés chez le patient qui permettront d’engager un processus de soin reposant sur des pratiques artistiques. L’art thérapie ne guérit pas. Elle tente de favoriser l’émergence d’émotions esthétiques. Les déficits pris en charge en atelier d’art thérapie sont très variés :
- les déficits physiques (maladie d’Alzheimer et autres démences, pathologies douloureuses, accidents vasculaires cérébraux, infirmes moteurs cérébraux)
- les déficits psychiques (anorexie mentale, troubles du comportement, dépression, trouble anxieux)
- les déficits socio-relationnels (illettrisme, désinsertion, troubles scolaires, incarcération, sans domicile fixe)
L’originalité et la spécificité de cette discipline reposent sur la nature même de l’art. Le pouvoir de l’art qui implique le ressenti, donc l’abstraction, échappe en grande partie aux champs des représentations et se place généralement en deçà du verbal. L’art thérapie concerne le sens aux dépens de la signification.
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L’art thérapie en soins palliatifs
L’art thérapie permet une expression de sentiments douloureux voire conflictuels qui sont
trop difficiles à mettre en mots. A un moment de la vie où le patient présente une grande vulnérabilité, une grande dépendance vis-à-vis de son entourage, ce temps est considéré comme un soulagement. A cette fonction d’exutoire, s’associe une fonction symbolique de la production, qui permet un espace d’expression libre pour les expériences parfois violentes auxquelles le patient peut être exposé. De plus, ce symbolisme permet au patient de réinterpréter ses propres sentiments et de s’adapter à une situation difficile à partir d’un espace plus sûr. Cet espace représente la séance d’art thérapie où le patient travaille sur une production dirigée vers l’esthétique tout en s’investissant et en se projetant sur cette même production.
Plusieurs auteurs établissent un lien direct entre la diminution des douleurs par la prise en charge par l’art thérapie et la diminution de l’anxiété présentées par les patients. Différentes unités travaillent déjà sur ce type de prise en charge. Les premières études publiées dans les revues spécialisées rapportent une diminution des symptômes après des séances d’art thérapie.
On retrouve parmi les résultats une réduction significative des symptômes comme la douleur, l’anxiété, la fatigue et la dépression.
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Fonctionnement de l’atelier à l’hôpital Lyon Sud
Au centre de soins palliatifs de Lyon Sud, dirigé par le docteur Marilène Filbet, l’atelier, intitulé « Le rêve d’Astrid », fonctionne depuis septembre 2006, il a été soutenu dés sa création par la Fondation APICIL.
A ce jour, environ 70 patients ont déjà pu bénéficier de ce type de prise en charge. Les séances sont toujours individuelles mais les patients peuvent choisir de travailler avec un membre de leur famille ou d’autres proches. Il arrive que l’atelier soit proposé aux enfants ou aux petits-enfants des patients. Certaines prises en charge se limitent à une séance et d’autres se prolongent sur plusieurs séances.
Depuis la mise en place de cet atelier, les patients, leur famille et les soignants se sont approprié cette discipline originale. Les résultats sont en effet plus qu’encourageants tant au niveau physique (par la diminution de l’importance de certains symptômes) qu’au niveau psychique (par le rétablissement d’un équilibre) ce qui permet un accompagnement de meilleur qualité.
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