Soigner la douleur chronique en groupe

Parmi les nombreuses actions soutenues par la Fondation APICIL, les groupes thérapeutiques présentent une perspective de prise en charge intéressante pour les patients atteints de douleurs chroniques rebelles.

Le docteur Malou Navez, responsable du centre de la douleur du CHU de Saint-Etienne, et son équipe, proposent de se tourner vers une approche innovante en utilisant le groupe de patients. Chaque année, huit groupes de dix patients se réunissent pour travailler la relaxation, le photo-langage, la psychomotricité, l’hypnose, etc. Les groupes sont constitués en fonction des âges et des pathologies : groupes fibromyalgie, lombalgie, douleurs abdominales, migraines de l’adulte ou de l’adolescent…

Le centre de la douleur du CHU de Saint-Etienne met l’accent sur la prévention de la douleur chronique et le maintien du lien avec le monde du travail. Il mène également un travail d’éducation et de prise en compte de la dimension psychosociale de ces patients : avec la mise en place de groupes à visée éducative et thérapeutique sur différentes thématiques (prévention, éducation, souffrance psychosociale, gestion du stress). Ces groupes sont animés par une équipe pluridisciplinaire : médecins, psychologues, infirmiers, coordinateurs sociaux, médecins du travail… Impulsé en 2006 par le docteur Malou Navez, ce programme innovant est en cours d’évaluation.

Groupe de relaxation au centre de la douleur du CHU de Saint-Etienne

Les groupes thérapeutiques au CHU de Saint-Etienne : quels résultats après 3 années ?

En premier lieu, l’évaluation a porté sur l’amélioration de la douleur au fil des séances, et sur l’amélioration du confort de la qualité de vie des patients au quotidien.

Le groupe, les techniques développées, l’information reçue, mais également l’expérience partagée avec les autres, ont permis à la plupart des patients d’acquérir la capacité de gérer leur douleur en développant des stratégies adaptées et d’améliorer significativement leur qualité de vie.

Des échelles d’évaluation sont développées et utilisées pour mesurer cette évolution (échelle de douleur, de qualité de vie, échelle fonctionnelle, pourcentage de soulagement, échelle de « coping »). Elles permettent d’évaluer l’intérêt de ces groupes thérapeutiques par rapport notamment aux thérapies individuelles, et montrent aux patients qu’ils peuvent s’améliorer au cours de la prise en charge. Le plus important reste bien sur l’évaluation faite par le patient lui-même et son propre ressenti.

En parallèle du développement d’une pratique innovante, adaptée aux douleurs chroniques rebelles, ce dispositif permet un désengorgement important du centre antidouleur et une prise en charge plus rapide des nouveaux patients.

D’après le docteur Malou Navez, le travail en groupe est une réponse adaptée à la problématique de la douleur chronique. Plus dynamiques, plus proches des difficultés rencontrées, les groupes aident à faire le lien entre souffrance et douleur du corps. C’est un espace propice à l’expression des angoisses et de la souffrance psychosociale.

L’accompagnement éducatif et social important entraine les patients dans une dynamique de mieux vivre et de conservation d’une activité professionnelle, afin d’éviter l’entrée dans le cercle vicieux de la douleur chronique.

Une expérience reproduite

  • Des groupes thérapeutiques à l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc de Lyon

A l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc de Lyon, une expérience inspirée des groupes de Saint-Etienne est mise en place depuis septembre 2009. L’accent est mis sur l’association du stress et de la douleur chronique et sur l’éducation du patient.

Les patients reçoivent des informations sur la douleur, le stress, leurs imbrications possibles, et également sur les techniques non médicamenteuses comme la sophrologie, la relaxation ou encore l’hypno-analgésie. Les groupes de onze à douze patients se réunissent durant dix séances, ils sont encadrés par une sophrologue spécialisée en biologie du stress, une infirmière douleur formée en sophrologie et un médecin rééducateur algologue formé à l’hypnose. Un psychiatre intervient ponctuellement. Voir l’article

  • Une expérience originale au centre de la douleur du Centre Hospitalier de Chambéry

Financée depuis 2008 par la Fondation APICIL, l’équipe de l’unité douleur de Chambéry a développé une approche originale et créative pour les patients souffrants de douleurs chroniques : des groupes thérapeutiques de huit personnes, axés sur le corps à travers la relaxation, la respiration, les massages (non médicaux) ou encore les auto-massages. voir l’article

Zoom sur une technique : le photo-langage dans les groupes thérapeutiques

Séance de photolangage en groupe au centre de la douleur du CHU de Saint-Etienne

Mise au point dans les années 70, cette technique était destinée à l’animation de groupes de formation avant d’être intégrée à des thérapies.

Le photo-langage, associé à la synergie du groupe, est une des techniques utilisée au centre de la douleur du CHU de Saint-Etienne pour faciliter la parole et l’expression. Il est demandé à chaque patient de répondre à une question donnée, par le choix d’une ou deux photos présélectionnées par le thérapeute.Les photos sont utilisées comme des outils de médiation qui ouvrent la parole dans le groupe, aident à débloquer les idées conscientes ou inconscientes et à faire ressortir les facteurs psychologiques impliqués dans la douleur chronique.

« Grâce aux groupes, j’ai bien avancé. Je me sentais faible, aujourd’hui, j’arrive mieux à communiquer et à affronter les choses de la vie courante. J’ai trouvé comment avancer avec mes propres ressources grâce au photo-langage et à la relaxation » Sylvie, 42 ans, atteinte de fibromyalgie pendant4 ans.

Le groupe photo-langage est animé par deux psychologues. Les groupes réunissent 8 patients tous les 15 jours, pendant un an.

Consulter la Lettre de la Fondation APICIL numéro4, consacrée aux groupes thérapeutiques
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Photos: Véronique védrenne
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