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Le projet
La socio-esthétique a un réel impact sur la douleur et la qualité de vie.
C’est ce que montre le projet de recherche initié au Centre Hospitalier de Valence (26) avec l’aide la Fondation APICIL. Dans le service du docteur Guillaume Buiret, des soins de socio-esthétique sont proposés aux patients dans le cadre de la prise en charge des cancers.
L’étude qu’il a menée a permis de démontrer que la socio-esthétique a un effet antalgique direct. Les patients ont déclaré une diminution de la douleur de près de 50 % entre le début et la fin de la séance.
Les soins de socio-esthétique concernent autant les femmes que les hommes (57,5 % dans cette étude).
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la socio-esthétique ne comporte pas forcément de maquillage. La majorité des soins choisis par les patients sont à base de contacts physiques (soins des mains, du visage, massages).
En plus de l’effet démontré sur la diminution de la douleur, la séance est aussi perçue comme une distraction durant le traitement : un moment de détente pour 94,9 % des patients et un temps passé plus agréable pour 82,1 %.

Pour aller plus loin, écoutez le Docteur Guillaume Buiret parler de son projet :
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Je pense qu’il y a plusieurs apports de la socio-esthétique. Le premier est un apport physique, c’est-à-dire qu’elle va faire un soin. Elle va faire un soin qui va apporter un moment de bien-être, un moment de détente. Après un tel moment, on est, grâce à la détente, on est quand même bien mieux.
Bien plus à même de supporter une douleur qui pourrait être un petit peu chronique. Après il y a aussi toute une dimension de relation à la personne et là, ça dépend des socio-esthéticiennes, de la personne qui fait le soin. Mais on a la chance d’avoir des personnes qui ont un très très bon contact, qui établissent un très bon contact, et ce soin, au-delà de ce soin plutôt, le contact que l’on peut avoir permet de faire une espèce de petite bulle hors du temps. C’est vraiment ce que les patients disent : on était à l’hôpital mais on n’était pas à l’hôpital. Il faut faire vraiment preuve de pédagogie et ça, c’est les équipes, qu’elles soient médicales ou paramédicales, qui doivent quand même expliquer au patient ce que c’est que la socio-esthétique, parce que quand on parle de socio-esthétique, c’est un terme qu’on ne connaît pas et on retient juste esthétique, c’est-à-dire que, en particulier pour les hommes, pourquoi est-ce que je vais rencontrer quelqu’un ? « Je n’ai pas besoin de soins, d’aller en cabinet d’esthétique ». Alors que la socio-esthétique, c’est loin d’être ça. C’est un aspect, mais c’est vraiment loin d’être ça et la relation est vraiment extrêmement importante. Je pense qu’il faut commencer déjà par de la pédagogie, expliquer au patient ce que c’est que la socio-esthétique, pourquoi est-ce qu’on leur propose la socio-esthétique, quels sont les bienfaits possibles de la socio-esthétique. Le fait que ça soit gratuit, c’est aussi quelque chose qui est intéressant. Alors c’est gratuit, mais c’est gratuit pour le patient, ce n’est pas gratuit pour l’établissement. C’est vraiment se faire un petit moment off au milieu d’un traitement lourd, qu’il soit chirurgical, chimiothérapie ou radiothérapie ou tout en même temps, mais c’est vraiment de se faire une petite pause. Et qui, on l’a vu et on l’a démontré, apporte beaucoup plus qu’un moment de détente, mais a vraiment un rôle important pour la douleur. La socio-esthétique n’est pas encore reconnue comme un soin de support, ne dépend pas de l’hôpital, ne dépend pas des associations de patients, elle dépend de nos instances réglementaires, c’est-à-dire que c’est l’institut national du cancer qui a défini, qui a été mandaté et qui a défini qui était ce qu’on appelle un soin de support et qui était un soin de bien-être, et la socio esthétique n’a pas été reconnue comme un soin de support. Il y a une raison assez simple à cela : c’est que, certes, c’est diffusé, mais il y a eu très peu d’études qui ont montré les bénéfices réels de la socio-esthétique. Si on est allé là-dedans, c’est pour deux raisons. La première, c’est les constatations qu’on a faites, surtout les infirmières. Quand les infirmières venaient nous faire un rapport après le passage des socio-esthéticiennes. Elles disaient que, clairement, les patients, après le passage, avait moins mal. Donc là, on s’est dit, il y avait sûrement quelque chose à faire. Le deuxième but de notre recherche est d’amener de l’eau au moulin pour faire en sorte que la socio-esthétique soit reconnue comme un soin de support à part entière. Cette recherche nous a amené vraiment beaucoup, beaucoup d’informations. La première, c’est que, jusqu’à maintenant, la socio-esthétique était proposée essentiellement aux femmes atteintes d’un cancer du sein. Nous, on a pris le parti pris de le proposer à tout le monde, pas juste à cette catégorie de personnes, mais aussi à des hommes, et les deux services qui consomment le plus de soins de socio-esthétique sont la gastro-entérologie et l’orl. La deuxième chose que cela a montré, c’est que on a posé la question : « est-ce que vous avez trouvé que votre séance de socio-esthétique était inutile ? ». Et bien sur 250 personnes, on n’a eu aucune réponse qui disait que c’était inutile. Donc c’est vraiment qu’il y a un bénéfice. Et le troisième, c’est qu’on a montré qu’il y avait clairement une diminution de la douleur chez les patients qui étaient douloureux avant, et d’une façon vraiment loin d’être anecdotique, à peu près au moins aussi équivalent qu’un médicament pour la douleur. C’est le but des soignants de soulager, rien que le fait d’avoir une arme supplémentaire qui, en plus, n’est pas médicamenteuse. Donc, qui n’a pas d’effets secondaires particuliers. C’est une arme de plus que l’on peut proposer aux patients.
C’est plus facile de soigner des personnes qui sont moins douloureuses. On pourrait même se dire que, c’est purement théorique ce que je dis, mais on n’a pas la preuve de cela, mais on le constate quand même. Si on donne moins de médicaments pour la douleur, on arrive à mieux contrôler la douleur et en diminuant les effets secondaires. La fondation Apicil a été d’un rôle majeur pour notre recherche, puisque c’est elle qui a permis de nous mettre du temps à disposition de socio-esthéticiennes afin de pouvoir mener cette recherche qui a montré la diminution de la douleur et l’impact que la socio-esthéticienne pouvait avoir sur la douleur.
